Autour du feu ou dans un troquet à Paname, les apaches s'entrainent pour titiller les tribus voisines. Récits d'anciens et pensées de poivrots, tout est là.

Je n'ai jamais composé ailleurs que sous les gris nuages de Picardie ou les acides gouttes de Paname. Toujours les épreuves que j'ai pu passer avaient une odeur d'humus, de brique et de pluies mêlées.
Or donc, il existe de ces endroits où les examens, tout sérieux qu'ils puissent être, nécessitent que l'on ferme la porte pour ne point être dérangés par le déferlement des vagues; il est de ces lieux où l'on ne se protège pas des intempéries, mais du soleil; il se trouve des villes enfin où l'on ne souhaiterait pas passer sa vie, mais y simplement résider le temps d'un rêve.
Et je crois qu'avec tous les Saints qui la gardent, La Réunion peut prétendre à ce titre. Tout fleure bon le calme serein d'une île aux trésors, rien n'est encore trop touristique et chaque lieu, chaque nom, stimule l'imaginaire et attise la curiosité.
Cédric et moi avons rejoint Roland dans la pension où ce dernier résidait (l'Amarina), dans un petit recoin de La-Saline-les-Bains, au sud de Saint-Gilles. Une maison charmante, des hôtes souriants et des pensionnaires à temps plein issus du continent entièrement conquis par la vie insulaire.
La première journée fut cotonneuse, car nous n'avions peu voire pas dormi dans cet avion parti d'Orly à 16h et arrivé le lendemain matin à 3h pour nous et 5h pour les locaux. Nous avons doucement végété sur la plage, l'œil vaguement partagé entre le va-et-vient des surfeurs et la recherche de petits coquillages colorés.
Le lendemain était jour de révisions et nous nous mîmes à la tâche avec davantage d'ardeur que je n'aurais cru. Roland aidant, nous pûmes également parfaire notre enchaînement n°3 (l'épreuve-phare de la partie technique) sous un soleil nuageux de fin d'hiver austral.
Mercredi matin sonna tôt, bien que après le Soleil qui profite de l'atmosphère paradisiaque pour se lever sur les coups de 5 heures (heure locale, cela va de soi). Rapidement prêts, nous retrouvâmes au CREPS de Saint-Paul nos heureux condisciples qui allaient affronter les épreuves avec nous : Nicole, Fabien et David. Nous en profitons pour faire également connaissance avec Éric Le Leuch, le Grand Coordinateur de l'examen. La première-demi journée, nous la passâmes donc à disserter sur le sujet suivant :
« Comment, en canne de combat, faites-vous la relation entre l'augmentation de la difficulté de la tâche et l'apprentissage moteur? En vous basant sur votre expérience, expliquez votre démarche. »
Après un déjeuner régénérateur sous le regard omniprésent d'un dodo trichrome, nous attaquâmes l'après-midi par l'oral général au cours duquel il fallait répondre à deux questions telles que:
« Entraîneur dans un club s'adressant à des jeunes de 6 à 16 ans, décrivez votre action et les outils pédagogiques que vous utilisez. »
« Décrivez le fonctionnement d'une ligue ou d'un comité départemental : décideurs, acteurs. Fournissez des exemples. »
Le jeudi matin, encore plus tôt que la veille, nous nous retrouvâmes cette fois au superbe gymnase de La Rivière des Galets. Le programme du matin? L'enchaînement n°3 bien sûr! Nous passâmes donc tour à tour en canne vitesse lente, canne vitesse rapide et bâton. Puis vint le passage en combinaison avec partenaires pour mettre « en condition réelle ». Nous enchaînâmes par l'oral technique dont les questions pouvaient ressembler à :
« Vous êtes nommé Délégué Officiel; définissez votre rôle. Quelles sont les différentes tâches à accomplir durant la manifestation? »
ou « Description technique du Croisé Haut et parades/esquives correspondantes »
Comme la journée était loin d'être finie, nous sommes allés pour le déjeuner chez un fameux malgache prénommé Léon bien connu d'Alain qui sert des plats aux saveurs insoupçonnées. Le porc au gingembre et le bœuf aux brèdes étaient en tous cas excellents.
Une fois bien remplis, nous pûmes retourner au gymnase pour y affronter l'épreuve la plus potentiellement stressante : la mise en pratique pédagogique (*musique d'orgue très grave*)! Les candidats ont donc eu 60 minutes pour préparer une feuille de séance d'une heure pour des collégiens sur l'un des thèmes suivants :
« L'arbitrage »
ou « La gestion de l'aire »
Ensuite, le jury sélectionna quinze minutes de chaque feuille de séance et les candidats ont dû les mettre en pratique avec un groupe d'une quinzaine de jeunes cannistes de tous niveaux. Ceux-ci se sont avérés être très patients et très appliqués, un grand merci à eux ^^.
Nous avons terminé la journée par un bon repas de nouveau chez Léon avec tous les intervenants et nos papilles en ont une nouvelle fois vu de toutes les couleurs.
Le vendredi, nous passâmes avec Cédric la matinée au fameux marché de Saint-Paul où odeurs et couleurs se mêlent au tumulte pour enivrer le métropolitain désarmé et lui faire acheter pèle-mêle des figurines en bois sculptées, de la vanille par fagots, du thé à la mangue, des piments de toutes les teintes, des bocaux de rougail ou des micro-bananes fort goûteuses. Je crois que nous avons dû parcourir chaque étal trois fois pour être certains de ne rien louper. Puis, ivres de sensations, nous sommes partis errer sur le sable noir de la large baie, protégés semble-t-il par les antiques canons.
Retrouvés providentiellement par Roland, nous partîmes avec lui en direction de Saint-Denis pour participer au cours qu'il devait donner aux élèves de Fabien et Marine, au sein de l'Université. Après quoi nous mangeâmes ensemble de frais poissons avant de repartir pour une dernière nuit à La Saline.
Le samedi matin, nous fîmes un détour par Saint-Gilles où devaient se dérouler des animations dans le cadre de la Fête de la Mer. Était-ce l'heure trop précoce ou l'effet des vacances? Toujours est-il que nous n'aperçûmes que quelques rares plongeurs en partance pour les fonds marins et d'indéfectibles pêcheurs, à l'abri derrière les brise-lames, à la pointe de la jetée.
Roland nous conduisit ensuite à Roland Garros, l'aéroport, où j'abandonnai bientôt Cédric pour me balader dans Saint-Denis. J'ai pu donc visiter la rue de Paris, les jardins d'État, le petit musée de l'office du Tourisme, la cathédrale et le front de mer, où les galets roulent et, paraît-il, les requins rôdent.
Enfin, à 22h précises, notre avion quittait le tarmac réunionnais et le Piton dont la fournaise venait tout juste d'entrer en éruption. J'avoue que dans ce sens-là, ni Wall-E ni Robin des Bois n'auraient su nous tenir éveillés et, sitôt le frugal dîner avalé, nous sombrâmes rapidement dans de rêveurs souvenirs.
Au final, merci à Roland Hoffbeck, noter DTN, pour nous avoir conseillés encadrés, à Luc Cheynier pour nous avoir supportés et surveillés, Éric Le Leuch de la DRDJS Réunion pour nous avoir organisé l'examen et s'être armé de patience pour nous surveiller, inlassablement, lors des écrits.
Bravo enfin à Nicole, Cédric, David et Fabien qui ont également tous réussi avec brio leur examen et qui vont pouvoir à leur tour devenir des professionnels de la canne de combat ;).
Sachez qu'à Saint-Denis, si "lé Soleil lé la",
Et s'il brille à Paris d'un très semblable éclat,
Une fois atterris, ce bon astre narquois,
Nous éclaira, transis, d'un quatre degrés froid.


| Mercredi 13 |
Jeudi 14 |
| 9h00-12h00 : Épreuve générale (Écrit) |
8h00-12h30 : Épreuve pédagogique |
| 13h30-16h30 : Épreuve générale (Oral) |
14h00-15h30 : Épreuve technique (enchaînement n° 3) 16h00-17h30 : Épreuve technique (oral) |



| Du 12 au 16 août 2010 s'est déroulé à Portorož (pour les non-slovènes, ça se lit "Portoroj", en roulant les 'r') le stage annuel du club de Ljubljana ("Lioubliana", N.d.T.), juste au bord de l'Adriatique. Le contexte se prêtait à la baignade, sous un climat à l'alternance incompréhensible entre soleil torrentiel et pluie de plomb. Et il faut dire que du Pictionnary à Donjons & Dragons en passant par des descentes en bonne et due forme de "Cocktail Lateral", ça a sué dur, même en soirée. 20 ninjas cannistes survitaminés poussés à dépasser en niveau sonore les 25 boxeurs menés par Joël Dhumez et Raphaël Chapelle, ce ne fut pas sans laisser de traces dans le gymnase et chez les campeurs avoisinants. Et pour les photos... | Between the 12th and the 16th of August, 2010 took place the Portorož (for non-slovene people, read it "Portoroj", rolling your r's) yearly workshop of the Ljubljana ("Lyublyana", T.N.) club, just on the seashore. The context was giving rise to bathing, under an untelligible weather changing from a torrential sun to a scorching rain. And for sure everybody sweat a lot, even in the evening with activities such as Pictionnary, Dungeons & Dragons or "Cocktail Lateral" drinking time. 20 overenergetic cannists ninjas pushed to make more noise than the 25 boxers lead by Joël Dhumez and Raphaël Chapelle were not without leaving traces in the gym or the neighbouring campers. And for the photos... |

Cette fois c'est Kptain, Delphine, Mambo, Sélénia, Ben et Le X qui sont partis en direction du Sud-Ouest. Objectif : Bordeaux, ses vignobles, son air marin, sa côte Atlantique à portée de main, ses plages de sable fin, son inimitable... Hein? Oui 0k, son Championnat de France.
Donc les Apaches sont partis les 15 et 16 mai pour participer au Championnat de France de canne de combat, compétition individuelle s'il en est. Beaucoup de participants (102 selon les organisateurs, on attend le chiffre de la police), des sandwiches délicieux (bien que parfois légèrement surchargés en moutarde), un temps superbe, la côte Atlantique à portée de main, les plages de s... comment? Pardon, je m'égare. Donc oui, la compétition, ses aires de combat, ses assauts acharnés, ses résultats... (faisons bref)
1158 : le nombre de kilomètres parcourus avec le Camion du Club 49 pour aller au Championnat et en revenir.
102 : le nombre de tireurs engagés dans la compétition. Un bon petit paquet de monde, quand on y pense (il faut dire aussi que les Arvernes étaient au moins 50).
8 : en huitièmes s'est arrêté Ben, mais en première série, après des assauts particulièrement haletants contre Guillaume B et le bondissant Yohann.
6 : le nombre d'Apaches engagés : Delphine, Sélénia, Kptain, Mambo, Ben et Le X.
4 : en quarts se sont arrêtés Delphine, Mambo et Le X, la première contre Cécile (mais après une belle victoire face à Olivia et un assaut prometteur contre l'intrépide So de Sceaux), le second face à Jean-Luc (qui peut lutter contre le Maître des Tableaux?), le dernier contre l'infatigable Francis.
3 : l'heure à laquelle les derniers compétiteurs sont rentrés chez eux au retour.
2 : la place de Sélénia! Une course parfaite jusqu'au sommet et tout un nouveau panel technique qui ne laisse présager que du bon. Et une vice-championne de France 2010, une!
1 : la place de Kptain en 2ème série. Cela signifie mesdames et messieurs que oui, Kptain est le Champion de France 2010 !
0 : le nombre de fentes que s'était autorisé Le X par respect pour ses genoux. Au final, il en a utilisé deux, mais aucune n'a touché (c'était bien la peine...).

Oyez oyez, gentes dames et chevaliers modernes, je vais vous conter le geste des Apaches en cette capitale de la royauté qu'est Reims.
Car tout a commencé des semaines plus tôt. Le marquis Sniperpav de Bourgogne avait alors dans l'idée de suivre la vie de l'équipe des Apaches pour narrer ses exploits. Il conçut son projet, enregistra comme il le put et interrogea les belligérants pendant plusieurs semaines, au cours et en dehors des entraînements. Bien évidemment, il accompagna même son frère, le duc Fabien de Salsazur ainsi que le comte Guillaume de Mamboville, la duchesse Sélénia de Marmitor et votre serviteur, l'intarissable troubadour des Beulogues, vers leur destin.
Toutes et tous, ils se retrouvèrent donc les 20 et 21 mars de l'an de grâce 2010 à la joute internationale de Champagne-Ardenne.
Les pizzas et le Champagne coulèrent à flot (surtout le Champagne) grâce à leur hôtesse, la ravissante Cynthia de Millemercis qui sut nous guider à travers la ville vers la pizzeria la moins chère du monde. Une adresse de choix dont les Apaches se souviendront d'ailleurs longtemps, tant par la qualité des mets que par la malchance de son caissier!
Quand il n'y eut plus de nourriture, ils se résolurent à combattre. Ils s'armèrent donc de cannes et de patience et adressèrent une prière à Saint Jean-Luc, le protecteur des compétiteurs, afin de les garder de tomber directement contre les champions.
Leur prière fut exaucée et ils purent ainsi lutter jusqu'en quarts de finale où ils succombèrent malgré tout. Parfois, les dragons sont plus forts que les chevaliers. Et souvent aussi, les chevaliers mettent leur râclée aux gueux, juste pour se venger.
Fort gueureusement, Sélénia, chevalière dans l'âme, traça sa route de la pointe de sa canne jusqu'à la deuxième place du tournoi, battant à plates coutures ses adversaires des plus féroces!
Foin de couronnement, mais la satisfaction d'avoir intérieurement progressé et l'assurance d'avoir passé un bon moment à seulement une petite chevauchée de Paris.
Et c'est ainsi que se termine cette histoire, en espérant qu'elle vous a plu et que bientôt elle sera illustrée par une brillante vidéo. Quoiqu'il en soit, ce ne sera pas la dernière...

| Août 2009. Budapest. L'été est bien installé sur la grande plaine d'Europe centrale et l'heure est au paprika bien frais ainsi qu'aux pastèques locales. Quelques tours de roue vers l'est, et c'est un courant d'air apache qui vient souffler sur les terres magyares. De voltes en pas de danses, le Apaches World Tour retourne à Budapest pour une session d'été sous le soleil de l'est! | August 2009. Budapest. The summer has settled on the great plain of central Europe and it is time for chilled paprika and local watermelon. A quick ride to the east and an apache breeze blows lightly over the magyar grounds. From voltes to dance steps, the Apaches World Tour goes back to Budapest for a summer camp under the sun of the east! |
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