Les Apaches

Les ApachesAutour du feu ou dans un troquet à Paname, les apaches s'entrainent pour titiller les tribus voisines. Récits d'anciens et pensées de poivrots, tout est là.

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Océan Indien, Comportement Moteur et Cocotiers.

Par Les Apaches :: jeudi 21 octobre 2010 à 11:47 :: Saison IV

  Je n'ai jamais composé ailleurs que sous les gris nuages de Picardie ou les acides gouttes de Paname. Toujours les épreuves que j'ai pu passer avaient une odeur d'humus, de brique et de pluies mêlées.

  Or donc, il existe de ces endroits où les examens, tout sérieux qu'ils puissent être, nécessitent que l'on ferme la porte pour ne point être dérangés par le déferlement des vagues; il est de ces lieux où l'on ne se protège pas des intempéries, mais du soleil; il se trouve des villes enfin où l'on ne souhaiterait pas passer sa vie, mais y simplement résider le temps d'un rêve.

  Et je crois qu'avec tous les Saints qui la gardent, La Réunion peut prétendre à ce titre. Tout fleure bon le calme serein d'une île aux trésors, rien n'est encore trop touristique et chaque lieu, chaque nom, stimule l'imaginaire et attise la curiosité.


  Cédric et moi avons rejoint Roland dans la pension où ce dernier résidait (l'Amarina), dans un petit recoin de La-Saline-les-Bains, au sud de Saint-Gilles. Une maison charmante, des hôtes souriants et des pensionnaires à temps plein issus du continent entièrement conquis par la vie insulaire.


  La première journée fut cotonneuse, car nous n'avions peu voire pas dormi dans cet avion parti d'Orly à 16h et arrivé le lendemain matin à 3h pour nous et 5h pour les locaux. Nous avons doucement végété sur la plage, l'œil vaguement partagé entre le va-et-vient des surfeurs et la recherche de petits coquillages colorés.

  Le lendemain était jour de révisions et nous nous mîmes à la tâche avec davantage d'ardeur que je n'aurais cru. Roland aidant, nous pûmes également parfaire notre enchaînement n°3 (l'épreuve-phare de la partie technique) sous un soleil nuageux de fin d'hiver austral.

  Mercredi matin sonna tôt, bien que après le Soleil qui profite de l'atmosphère paradisiaque pour se lever sur les coups de 5 heures (heure locale, cela va de soi). Rapidement prêts, nous retrouvâmes au CREPS de Saint-Paul nos heureux condisciples qui allaient affronter les épreuves avec nous : Nicole, Fabien et David. Nous en profitons pour faire également connaissance avec Éric Le Leuch, le Grand Coordinateur de l'examen. La première-demi journée, nous la passâmes donc à disserter sur le sujet suivant :

« Comment, en canne de combat, faites-vous la relation entre l'augmentation de la difficulté de la tâche et l'apprentissage moteur? En vous basant sur votre expérience, expliquez votre démarche. »

  Après un déjeuner régénérateur sous le regard omniprésent d'un dodo trichrome, nous attaquâmes l'après-midi par l'oral général au cours duquel il fallait répondre à deux questions telles que:

« Entraîneur dans un club s'adressant à des jeunes de 6 à 16 ans, décrivez votre action et les outils pédagogiques que vous utilisez. »

« Décrivez le fonctionnement d'une ligue ou d'un comité départemental : décideurs, acteurs. Fournissez des exemples. »

  Le jeudi matin, encore plus tôt que la veille, nous nous retrouvâmes cette fois au superbe gymnase de La Rivière des Galets. Le programme du matin? L'enchaînement n°3 bien sûr! Nous passâmes donc tour à tour en canne vitesse lente, canne vitesse rapide et bâton. Puis vint le passage en combinaison avec partenaires pour mettre « en condition réelle ». Nous enchaînâmes par l'oral technique dont les questions pouvaient ressembler à :

« Vous êtes nommé Délégué Officiel; définissez votre rôle. Quelles sont les différentes tâches à accomplir durant la manifestation? »

ou « Description technique du Croisé Haut et parades/esquives correspondantes »

  Comme la journée était loin d'être finie, nous sommes allés pour le déjeuner chez un fameux malgache prénommé Léon bien connu d'Alain qui sert des plats aux saveurs insoupçonnées. Le porc au gingembre et le bœuf aux brèdes étaient en tous cas excellents.

  Une fois bien remplis, nous pûmes retourner au gymnase pour y affronter l'épreuve la plus potentiellement stressante : la mise en pratique pédagogique (*musique d'orgue très grave*)! Les candidats ont donc eu 60 minutes pour préparer une feuille de séance d'une heure pour des collégiens sur l'un des thèmes suivants :

« L'arbitrage »

ou « La gestion de l'aire »

  Ensuite, le jury sélectionna quinze minutes de chaque feuille de séance et les candidats ont dû les mettre en pratique avec un groupe d'une quinzaine de jeunes cannistes de tous niveaux. Ceux-ci se sont avérés être très patients et très appliqués, un grand merci à eux ^^.

  Nous avons terminé la journée par un bon repas de nouveau chez Léon avec tous les intervenants et nos papilles en ont une nouvelle fois vu de toutes les couleurs.


  Le vendredi, nous passâmes avec Cédric la matinée au fameux marché de Saint-Paul où odeurs et couleurs se mêlent au tumulte pour enivrer le métropolitain désarmé et lui faire acheter pèle-mêle des figurines en bois sculptées, de la vanille par fagots, du thé à la mangue, des piments de toutes les teintes, des bocaux de rougail ou des micro-bananes fort goûteuses. Je crois que nous avons dû parcourir chaque étal trois fois pour être certains de ne rien louper. Puis, ivres de sensations, nous sommes partis errer sur le sable noir de la large baie, protégés semble-t-il par les antiques canons.

  Retrouvés providentiellement par Roland, nous partîmes avec lui en direction de Saint-Denis pour participer au cours qu'il devait donner aux élèves de Fabien et Marine, au sein de l'Université. Après quoi nous mangeâmes ensemble de frais poissons avant de repartir pour une dernière nuit à La Saline.

  Le samedi matin, nous fîmes un détour par Saint-Gilles où devaient se dérouler des animations dans le cadre de la Fête de la Mer. Était-ce l'heure trop précoce ou l'effet des vacances? Toujours est-il que nous n'aperçûmes que quelques rares plongeurs en partance pour les fonds marins et d'indéfectibles pêcheurs, à l'abri derrière les brise-lames, à la pointe de la jetée.

  Roland nous conduisit ensuite à Roland Garros, l'aéroport, où j'abandonnai bientôt Cédric pour me balader dans Saint-Denis. J'ai pu donc visiter la rue de Paris, les jardins d'État, le petit musée de l'office du Tourisme, la cathédrale et le front de mer, où les galets roulent et, paraît-il, les requins rôdent.


  Enfin, à 22h précises, notre avion quittait le tarmac réunionnais et le Piton dont la fournaise venait tout juste d'entrer en éruption. J'avoue que dans ce sens-là, ni Wall-E ni Robin des Bois n'auraient su nous tenir éveillés et, sitôt le frugal dîner avalé, nous sombrâmes rapidement dans de rêveurs souvenirs.


  Au final, merci à Roland Hoffbeck, noter DTN, pour nous avoir conseillés encadrés, à Luc Cheynier pour nous avoir supportés et surveillés, Éric Le Leuch de la DRDJS Réunion pour nous avoir organisé l'examen et s'être armé de patience pour nous surveiller, inlassablement, lors des écrits.

  Bravo enfin à Nicole, Cédric, David et Fabien qui ont également tous réussi avec brio leur examen et qui vont pouvoir à leur tour devenir des professionnels de la canne de combat ;).


  Sachez qu'à Saint-Denis, si "lé Soleil lé la",

  Et s'il brille à Paris d'un très semblable éclat,

  Une fois atterris, ce bon astre narquois,

  Nous éclaira, transis, d'un quatre degrés froid.



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