Les Apaches

Les ApachesAutour du feu ou dans un troquet à Paname, les apaches s'entrainent pour titiller les tribus voisines. Récits d'anciens et pensées de poivrots, tout est là.

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12-16 août 2010 : Stage d'été à Portorož.

Par Les Apaches :: mardi 14 septembre 2010 à 12:08 :: Saison III


 Du 12 au 16 août 2010 s'est déroulé à Portorož (pour les non-slovènes, ça se lit "Portoroj", en roulant les 'r') le stage annuel du club de Ljubljana ("Lioubliana", N.d.T.), juste au bord de l'Adriatique. Le contexte se prêtait à la baignade, sous un climat à l'alternance incompréhensible entre soleil torrentiel et pluie de plomb.

Et il faut dire que du Pictionnary à Donjons & Dragons en passant par des descentes en bonne et due forme de "Cocktail Lateral", ça a sué dur, même en soirée.

20 ninjas cannistes survitaminés poussés à dépasser en niveau sonore les 25 boxeurs menés par Joël Dhumez et Raphaël Chapelle, ce ne fut pas sans laisser de traces dans le gymnase et chez les campeurs avoisinants.

Et pour les photos...
Between the 12th and the 16th of August, 2010 took place the Portorož (for non-slovene people, read it "Portoroj", rolling your r's) yearly workshop of the Ljubljana ("Lyublyana", T.N.) club, just on the seashore. The context was giving rise to bathing, under an untelligible weather changing from a torrential sun to a scorching rain.

And for sure everybody sweat a lot, even in the evening with activities such as Pictionnary, Dungeons & Dragons or "Cocktail Lateral" drinking time.

20 overenergetic cannists ninjas pushed to make more noise than the 25 boxers lead by Joël Dhumez and Raphaël Chapelle were not without leaving traces in the gym or the neighbouring campers.

And for the photos...


5-6 juin 2010 : La Coupe de Style Maurice Sarry à Montpellier

Par Les Apaches :: mercredi 28 juillet 2010 à 0:26 :: Saison III

15-16 mai : Le Championnat de France à Bordeaux

Par Les Apaches :: lundi 26 juillet 2010 à 13:57 :: Saison III

Cette fois c'est Kptain, Delphine, Mambo, Sélénia, Ben et Le X qui sont partis en direction du Sud-Ouest. Objectif : Bordeaux, ses vignobles, son air marin, sa côte Atlantique à portée de main, ses plages de sable fin, son inimitable... Hein? Oui 0k, son Championnat de France.


Donc les Apaches sont partis les 15 et 16 mai pour participer au Championnat de France de canne de combat, compétition individuelle s'il en est. Beaucoup de participants (102 selon les organisateurs, on attend le chiffre de la police), des sandwiches délicieux (bien que parfois légèrement surchargés en moutarde), un temps superbe, la côte Atlantique à portée de main, les plages de s... comment? Pardon, je m'égare. Donc oui, la compétition, ses aires de combat, ses assauts acharnés, ses résultats... (faisons bref)


1158 : le nombre de kilomètres parcourus avec le Camion du Club 49 pour aller au Championnat et en revenir.


102 : le nombre de tireurs engagés dans la compétition. Un bon petit paquet de monde, quand on y pense (il faut dire aussi que les Arvernes étaient au moins 50).


8 : en huitièmes s'est arrêté Ben, mais en première série, après des assauts particulièrement haletants contre Guillaume B et le bondissant Yohann.


6 : le nombre d'Apaches engagés : Delphine, Sélénia, Kptain, Mambo, Ben et Le X.


4 : en quarts se sont arrêtés Delphine, Mambo et Le X, la première contre Cécile (mais après une belle victoire face à Olivia et un assaut prometteur contre l'intrépide So de Sceaux), le second face à Jean-Luc (qui peut lutter contre le Maître des Tableaux?), le dernier contre l'infatigable Francis.


3 : l'heure à laquelle les derniers compétiteurs sont rentrés chez eux au retour.


2 : la place de Sélénia! Une course parfaite jusqu'au sommet et tout un nouveau panel technique qui ne laisse présager que du bon. Et une vice-championne de France 2010, une!


1 : la place de Kptain en 2ème série. Cela signifie mesdames et messieurs que oui, Kptain est le Champion de France 2010 !


0 : le nombre de fentes que s'était autorisé Le X par respect pour ses genoux. Au final, il en a utilisé deux, mais aucune n'a touché (c'était bien la peine...).


  

20-21 mars : La coupe de France

Par Les Apaches :: jeudi 15 juillet 2010 à 17:06 :: Saison III


Oyez oyez, gentes dames et chevaliers modernes, je vais vous conter le geste des Apaches en cette capitale de la royauté qu'est Reims.


Oyez vous toutes et tous dans vos contrées, vous qui étiez venus de loin ou qui êtes restés bien au chaud, oyez cette histoire riche en luttes, en Champagne et en pizzas!

Car tout a commencé des semaines plus tôt. Le marquis Sniperpav de Bourgogne avait alors dans l'idée de suivre la vie de l'équipe des Apaches pour narrer ses exploits. Il conçut son projet, enregistra comme il le put et interrogea les belligérants pendant plusieurs semaines, au cours et en dehors des entraînements. Bien évidemment, il accompagna même son frère, le duc Fabien de Salsazur ainsi que le comte Guillaume de Mamboville, la duchesse Sélénia de Marmitor et votre serviteur, l'intarissable troubadour des Beulogues, vers leur destin.

Toutes et tous, ils se retrouvèrent donc les 20 et 21 mars de l'an de grâce 2010 à la joute internationale de Champagne-Ardenne.


Les pizzas et le Champagne coulèrent à flot (surtout le Champagne) grâce à leur hôtesse, la ravissante Cynthia de Millemercis qui sut nous guider à travers la ville vers la pizzeria la moins chère du monde. Une adresse de choix dont les Apaches se souviendront d'ailleurs longtemps, tant par la qualité des mets que par la malchance de son caissier!


Quand il n'y eut plus de nourriture, ils se résolurent à combattre. Ils s'armèrent donc de cannes et de patience et adressèrent une prière à Saint Jean-Luc, le protecteur des compétiteurs, afin de les garder de tomber directement contre les champions.


Leur prière fut exaucée et ils purent ainsi lutter jusqu'en quarts de finale où ils succombèrent malgré tout. Parfois, les dragons sont plus forts que les chevaliers. Et souvent aussi, les chevaliers mettent leur râclée aux gueux, juste pour se venger.


Fort gueureusement, Sélénia, chevalière dans l'âme, traça sa route de la pointe de sa canne jusqu'à la deuxième place du tournoi, battant à plates coutures ses adversaires des plus féroces!


Foin de couronnement, mais la satisfaction d'avoir intérieurement progressé et l'assurance d'avoir passé un bon moment à seulement une petite chevauchée de Paris.


Et c'est ainsi que se termine cette histoire, en espérant qu'elle vous a plu et que bientôt elle sera illustrée par une brillante vidéo. Quoiqu'il en soit, ce ne sera pas la dernière...


Apaches World Tour III: Workshop in Marburg

Par Les Apaches :: dimanche 02 mai 2010 à 11:33 :: Saison III

    Youtube   
 Kewego   DailyMotion

Canne et pavés, le surin au gorgeoir, les Titis à Paris

Par Les Apaches :: dimanche 31 janvier 2010 à 22:04 :: Saison III
          Cette fois c’est pour de vrai. Une compétition de canne, un truc sérieux. Genre, on arrive à l’heure, on est super-prêts, on a toutes nos affaires, des tenues qui poutrent, de l’eau, de la mangeaille. Bref, là, on a fait les choses bien. D’ailleurs, on est arrivés à quatre et repartis à quatre. Entiers. Déjà, c’est pas mal. On aurait pu en perdre un dans le métro. C’est qu’on vient de loin, nous, faut pas croire. Le XVIIè, c’est un peu la plaine sauvage. En plus, les bandes du coin, elles sont pas commodes. Faut toujours se méfier quand on change de territoire.
          Alors du coup, on est partis armés. Parce que quand même, y a de l’enjeu. On savait qu’on allait devoir se battre : défendre nos croissants le samedi, lutter pour nos parts de galette le dimanche. La vie est dure, dans les faubourgs. Heureusement, la duraille ça rend fort, comme dirait le philosophe. Peut-être pas assez vu que, par deux fois, les gars d’en face ont eu nos scalps sous le surin. Mais on est beaux joueurs, on leur en veut pas, parce que c’était beau, vrai, vous auriez vu ça !
          Y a eu des gagnants, des perdants… Cinquième, avec sept assauts gagnés sur neuf, y a pas de quoi rougir, hein ? Et les combats qu’on a perdus, bah… on les a pas perdus pour rien. On sait là ou ça fait mal, maintenant, et pas qu’aux jambes.
          Faut le dire en passant, en plus d’être beaux joueurs, on est sympa, des fois. On a rien dit sur Strate qu’avait pas de fourchette, qu’aurait vendu son royaume s’il en avait un pour un truc à trois dents. Nous on sait que des carottes râpées, mangées avec les doigts, ça traumatise un homme.
          Et puis on a tiré nos guimpettes aussi, et un paquet de fois. A la clique de Bordeaux et au gratin de Nice, parce que ça envoyait, aux Ricains, aux Angliches, parce qu’ils ont fait des bornes et qu’ils ont assuré, aux gars un peu nerveux, avec sifflet et gong qu’ont fait le sale boulot, et puis c’est pas fini mais ça ferait trop long.
          D’ailleurs on en rajoute : nous on a nos chouchous et faut bien qu’on en parle. Déjà y sont neuvièmes et c’est pas rien quand même. Ils savent comment on se bat, ici, sur les pavés, et comme aminches, ils dépotent. Nicole, Thomas, Sebastian, pour revoir Paname, les gars c’est tout quand vous voulez !


Au fait, si vous savez pas lire, regardez les images !
(faut dire merci à Strate, hein ! Et si vous êtes un pote, rendez-lui sa fourchette)



Pour de nouvelles saisons

Par Les Apaches :: dimanche 31 janvier 2010 à 12:04 :: Saison III

La Canne ... épisodes 6 et 7

Par Les Apaches :: samedi 23 janvier 2010 à 13:46 :: Saison III



Episode 06: soif




Episode 07: saut

La Canne... épisode 05

Par Les Apaches :: jeudi 17 décembre 2009 à 9:02 :: Saison III

La suite!


Episode 05: l'équipement

Le projet Grumly

Par Les Apaches :: vendredi 11 décembre 2009 à 23:22 :: Saison III

L'hiver approche doucement et d'aucun des anciens est retourné se décrisper les cervicalesau coin du feu. Mais les Apaches détestent s'ennuyer. Alors au lieu de compter les flocons, on s'est mis à lister les spécificités de notre sport. Voici les premiers épisodes d'une série à longueur indéfinie, attention humour bête:


Episode 01: la droite et la gauche




Episode 02: l'anatomie




Episode 03: des nouveaux mots




Episode 04: Allez!



A suivre...
by Kptain

Au bord du fleuve

Par Les Apaches :: jeudi 26 novembre 2009 à 22:56 :: Saison III




Novembre 2009
, sur les quais de Seine, devant la bibliothèque François Mitterand. La joyeuse troupe des Apaches s'entraine sous les lampadaires. Passants intrigués et amusés. Les curieux se renseignent, les plus téméraires participent.


Dans la nuit les Apaches travaillent leur attaque. Dans le vent et le froid de Novembre, les Apaches renforcent leur défenses. La grippe n'a qu'à bien se tenir car chez nous c'est comme ça qu'on s'immunise!




         
Photos par Guillaume Timus et Augustin Paliard.





Kptain







27 septembre 2009 : Le Famillathlon.

Par Les Apaches :: mercredi 14 octobre 2009 à 17:29 :: Saison III
"On ne choisit pas sa famille, mais on choisit le sport que l'on pratique!" Tel pourrait être le slogan du Famillathlon si les organisateurs n'étaient pas aussi sérieux. Et puis d'ailleurs personne ne me contredira si j'affirme qu'un bon entraînement de canne vaut tous les repas dominicaux avec Tata Germaine.

Une délégation Apache se trouvait donc au Famillathlon qui s'est tenu une nouvelle fois sur le champ de Mars le 27 septembre dernier : Di Mambo, Sélénia et Le X sont en effet allés présenter une petite démonstration devant la foule admirative d'une vingtaine de curieux de canne de spectacle (en costumes évidemment) et de canne de combat (en combi naturellement).

Le CSDBF 75 était présent sous les traits de Philippe et Julien et l'ASPP nous a sympathiquement hébergé sous la toile de son stand. Bref une belle journée ensoleillée de septembre comme il devrait en exister plus.


Une petite photo-souvenir m'sieurs-dames?





Le X

Une approche du combat : Le X

Par Les Apaches :: jeudi 24 septembre 2009 à 20:30 :: Saison III

Voici une petite fiction inspirée des assauts réels que j'ai menés au cours de mes quelques années de canne. Le plus amusant est de comparer les écrits de différents tireurs pour s'apercevoir des grandes disparités qui existent entre les approches.


"J’ai entendu mon nom résonner dans toute la salle, je crois qu’on m’attend. J’enfile une première manche de ma veste, j’attrape mon masque et fourre mes gants à l’intérieur. Tout en me dirigeant vers ma place (je suis en bleu ou en jaune ?), le masque sous le bras, je finis de m’habiller et passe ma deuxième manche.

Mince, j’ai oublié mes cannes ! Je fais demi-tour, mon second me rejoint en courant, apportant précipitamment ce qui manquait. Un coup d’œil sur l’aire et un nouveau rappel des haut-parleurs me renseignent sur ma couleur : ce sera le jaune. Berk, je préfère le bleu, ça me porte davantage chance d’habitude. En fait je ne sais pas d’où vient mon dégoût du jaune. Ca fait trop « poussin », je crois.

Pendant ces considérations, l’arbitre entonne son laïus habituel : « Tireurs, au centre ». Haha, il voit bien que je n’ai pas encore mis mes gants et que mon second vient de scratcher de travers la protection sur mon masque, non ? Bon, on va dire que je suis prêt. Ma veste n’est pas encore attachée, mais l’intention y est. Une canne pas trop moche, hop, j’attrape tout ce qu’il me faut pour l’assaut et je rejoins mon adversaire, droit comme un piquet, et l’arbitre qui me jette un regard dont le sourcil froncé m’indique que son taux d’agacement vient d’atteindre un premier palier de défaveur à mon encontre. Je m’excuse, me place pour le salut et, exécutant ce dernier au commandement de notre brave officiel, souris de la manière la plus bienveillante possible à mon adversaire pour lui indiquer que mes dispositions ne sont pas belliqueuses. Ou pas trop. On n’est pas là que pour se taper dessus, quoi.


Bien, qui est en face, déjà ? Ah oui, ce fameux Nicolas. Presque une partie de plaisir : je sais qu’il tire bien, je n’ai pas vraiment à m’en faire. Au pire je perds.


Nous sommes en place, immobiles, face à face, cannes croisées au bout de nos bras au centre de l’air. C’est l’instant où tout se joue. A ce moment précis, on sent que tout est encore possible, mais les regards mutuels semblent clairement faire pencher la balance. De quel côté ? Je n’ai pas envie de savoir : je garde la surprise pour la fin.


Allez, c’est parti, nous nous tournons autour. Je finis de m’échauffer, j’espère l’impressionner un peu par ma nonchalance et mon assurance. J’espère qu’il pense : « mince, il a tellement confiance en ses capacités qu’il se permet de ne s’échauffer qu’une fois sur l’aire ». En général, ça ne marche pas, mais je finirai bien par trouver un adversaire impressionnable.

Youp-la, parade prise de justesse, il a décidé d’attaquer dès la première reprise. Le fourbe ! Alors que je ne suis pas encore chaud ! Bon, je me décide à entrer mentalement dans le combat, sinon je ne ferai rien de bien.

Vlan, je viens de m’en prendre deux, c’est bien fait pour ma poire. Il attaque, je riposte sans conviction. Une petite fente pour huiler les genoux, une feinte pour lui montrer que je suis menaçant, je pare, je bouge, je riposte un peu plus rapidement. Je le sens bien, là, j’enchaîne, je traverse et…


« Stop ! Fin de la première reprise. »


Oh non ! Juste quand j’allais envoyer une belle attaque !

On se tape dans la main, sourire de remerciement cordial de derrière la grille du masque et chacun retourne à sa place, où nos seconds respectifs nous attendent.

« Bon, il a décidé de te rentrer dedans dès la première reprise, il va falloir réagir parce qu’il a pris de l’avance. » m’annonce le mien. « Tu n’es pas dedans et ça se voit, donc il en profite. » ajoute-t-il avec un très léger ton de reproche dans la voix.

Je suis complètement d’accord avec lui et montre mon entière adhésion par un hochement de tête approbateur, tout en buvant une gorgée d’eau. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de hocher de la tête en buvant à la bouteille, mais en général il est d’usage d’en mettre partout. J’en renversai donc plein ma combi, détournant par là-même mon attention de l’arbitre qui annonçait les scores. Tant pis, j’attendrai la prochaine reprise.


D’ailleurs la voilà qui arrive à grands pas. Je souffle encore une ou deux secondes, note dans un coin de ma mémoire les quelques conseils techniques que me prodigue mon second, lui réponds par un « 0k, je vais essayer » plein de non-sens, enfile de nouveau mon masque plein de sueur pour signaler que je suis prêt à y retourner et me prépare par quelques mouvements de jambes à en découdre.


« Tireurs au centre. »

Allez, j’y vais, cette fois.

« En garde »

Ca va être ta fête, mon gaillard.

« Allez ! »

Baston.


Un-deux, feinte d’armé, j’envoie la sauce. Il pare, riposte, je pare sa riposte, contre-riposte et je dégage. Voilà, ça commence à pulser, au moins je n’aurai pas l’impression d’avoir été ailleurs pendant que les choses importantes se réglaient.

Une petite traversée en saut ? Ah non, il bouge, je lui décoche un bon latéral croisé dans son tibia qui dépasse, puis je regroupe, j’esquive sa riposte. Nous reprenons nos distances, il hésite. Ou peut-être reprend-il son souffle. Pas question, je repars de plus belle, il regonflera ses poumons plus tard. Feinte de brisé, latéral extérieur. Le même et… Zut, il bloque mon attaque, vite sur la défensive ! Une parée, deux par… et galère, je dérouille un, dans la jambe, deux, dans la figure, j’esquive de justesse un troisième qui arrive, vite sortir de là, il me fixe, un bond de côté, une esquive rabougrie. C’est qu’il en veut, le salaud, c’est quoi cette façon de poursuivre absolument pas courtoise ?

Il m’énerve, le bougre, et puisqu’il s’arrête, je m’en vais lui…


Ah non, c’est parce que l’arbitre a signalé la fin de la deuxième reprise. Oups, je crois que mon second n’est pas très content.

« Bon, c’est bien, tu y es allé un peu plus, mais ça ne va pas être suffisant. » m’accueille-t-il. Il dresse l’oreille pour entendre le résultat de la reprise et faire rapidement le total des points en comptant ceux de la précédente. J’en profite pour boire et me passer la manche sur le front pour éponger ma sueur.

« Bon, tu as réussi à remonter un peu mais tu as encore cinq points de retard. » Il aime bien commencer ses phrases par « Bon », ça ajoute une note positive à l’ensemble, que le « mais » du milieu fait invariablement pencher du mauvais côté, celui de la défaite qui pointe le bout de son nez.

Un dernier soupir de concentration et j’y retourne une dernière fois. Est-ce là que je dois choisir entre me donner à fond pour gagner ou bien laisser les choses suivre leur cours et ne remporter la victoire que si, intrinsèquement, je suis bien le meilleur ? Grave question, à laquelle le commandement de l’arbitre me laisse entendre que je n’ai pas le temps de répondre. Je vais improviser.




« Tireurs au centre. »

Allez, j’y vais, cette fois.

« En garde »

N’est-ce pas déjà ce que je me disais à la précédente ?

« Allez ! »

Cette fois, plus trop le choix.


D’entrée de jeu, il attaque, j’esquive une fois, deux fois, il feinte, je fuis. Hihi, encore raté, mon coco. Vas-y essaye encore, hop raté, *pif* aïe le con, et galère, je n’avais pas dit que je rentrais sérieusement pour la dernière reprise ? Je ne crois pas, non.

J’inspire à fond et bloque immédiatement ma respiration. L’envie d’activer me prend tout d’un coup ; ça fait comme un picotement derrière la partie frontale du cerveau, sans doute la zone de gestion de la fierté. Cette fois, c’est la bonne, il m’a énervé : un, deux trois dans sa poire. Feinte de un, deux et vlan dans la jambe. Il recule, je le colle, je m’engage vers lui, je feinte encore une fois et je lui balance deux coups en jambe qui font un admirable son en heurtant son protège-tibia. Il a peur, il essaye de contre-attaquer, j’esquive et riposte immédiatement. Une, deux fois, la deuxième touche, oui ! L’adrénaline me pousse encore, lui a le souffle court. Un petit brisé ? Eh non dommage pour toi, c’est un latéral ! Je continue pendant qu’il fait des mouvements dans tous les sens : latéral croisé qui se change en croisé bas, un enlevé qui finit en latéral extérieur dans sa figure. Il esquive ? Je change de rythme, accélère pour le faire paniquer, ralentis pour toucher, accélère encore, feinte, feinte encore, il recule, je saute, je lui saute dessus, je recule en l’attaquant, je reviens en volte…


« Stop, fin de la troisième et dernière reprise. »

Ah, cette fois je l’ai entendu.

« Tireurs au centre pour le salut. »

Waou, ça fait du bien !

« Prêts pour le salut ? »

Mais bien sûr que nous sommes prêts. J’ai envie de sourire jusque derrière les oreilles. On n’a plus rien à faire maintenant que j’ai gagné. N’est-ce pas que j’ai gagné ?

« Saluez. »

"


Le X

Rentrée 2009 : la canne dans la peau

Par Les Apaches :: jeudi 03 septembre 2009 à 10:38 :: Saison III